Dans l’optique d’évaluer la variabilité phénotypique des

Dans l’optiqued’évaluer la variabilité phénotypique des cobayes élevés au Cameroun, uneenquête a été réalisée dans trois zones agro-écologiques (monomodale, bimodaleet les hautes terres de l’Ouest) entre le mois d’Avril 2012 à Avril 2013. Untotal de 460 cobayes non apparentés a été sélectionné dans 370 ménages enfonction du sexe, de l’âge et des caractéristiques phanéroptiques.

Pour chaqueanimal, la couleur de la robe, la présence ou pas du frosting, de la panachure,l’orientation des oreilles, la couleur des yeux et le profil de la tête ont étéobservés alors que langueur de la tête, du corps et le poids vif ont étémesurés. Les principaux résultats indiquent la présence de 4 principalescolorations : le noir, le blanc, le brun et le gris-cendré, à partirdesquelles plusieurs combinaisons découlent. Les combinaisons les plusfréquentes sont le noir-blanc (26%) et le noir-blanc-gris (19%). Environ 79%des animaux présentent la panachure alors que 78% ont le frosting.

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La tête estallongée (53%), avec des yeux noirs (73%) et des oreilles dressées (56%). Lepoids vif de ces cobayes varie entre 276 et 1161 gramme avec une moyenne de569g. Les individus originaires de la région de l’Ouest sont ceux qui pèsentplus (626±166g) alors que ceux originaires de la région du sud-ouest sont lesplus légers (531±96g). Une corrélation positive a été trouvée entre la longueurde la tête, la longueur de l’animal et le poids vif. Ces résultats montrentl’existence d’une grande variabilité entre les populations des cobayes etconstitue une opportunité pour la sélection. Mots clés : Phénotype,cobaye, diversité, Cameroun IntroductionL’élevagede cobaye est une activité connue depuis 1938 au Cameroun (Fotso et al, 1995 ; Yiva, 2013) où ilconstitue un gage de sécurité alimentaire et une source de revenu (Ngou Ngoupayouet al, 1995 ; Niba et al, 2012). Cet élevage est en pleineexpansion étant donné qu’il requiert moins d’espace, un travail minimum et laproduction d’une viande de meilleure qualité.

Son élevage contribue jusqu’à 46%au revenu du ménage des éleveurs (Ngou Ngoupayou et al, 1995). Au Cameroun, il fait partie des espèces nonconventionnelles exploitées comme alternative pour accroitre la production deviande (PAPENOC, 2010, Niba et al,2012). La taille du cheptel varie de un à 135 animaux par ménage avec unemoyenne de 18 animaux (Ngou Ngoupayou etal, 1995 ; Manjeli et al, 1998 etYiva, 2013). En Amérique latine, la production des cobayes a été significativementaméliorée avec l’utilisation des techniques de production modernes (NRC 1991;Numbela et Valencia 2003). Au Cameroun, ils sont plus exploités dans desconditions traditionnelles où les animaux sont élevés en divagation libre dansdes cuisines (Manjeli et al, 1998) etsont principalement nourris par des restes de cuisines, des résidus de cultureset dans certains avec des fourrages. Il s’agit en général d’une activité secondaireentreprise principalement par les femmes (Ngou Ngoupayou et al, 1995).

Leur niveau de production reste faible et est lié àplusieurs contraintes comme les prédations, les croisements incontrôlés, laconsanguinité et une sélection négative (NgouNgoupayou et al, 1995). Plusieurs études ont été ainsi entreprises pourl’amélioration de l’alimentation et de la reproduction de ces animaux. L’évaluationde leurs performances de croissances et de reproduction connait une relativeabondance (Kenfack et al, 2006 ;Ciza, 2014). Des récentes études d’évaluation de la diversité moléculaire ontmontré l’existence de plusieurs types génétiques selon les zones agro-écologiques(Ayagirwe, 2014 et Wikondi, 2014). Cependant, l’évaluation phénotypique decette diversité n’a jusque-là été évaluée. Cette étude vise ainsi àl’évaluation de la diversité phénotypique des cobayes élevés au Cameroun. Matériel et méthodesZone d’étudeCette étudea été réalisée entre Avril 2012 et Avril 2013 dans trois zones agro-écologiquesdu Cameroun à savoir la zone monomodale, bimodale et la zone des hauts plateauxde l’Ouest.

Cette zone est comprise entre 500 et 4000m d’altitude, connait uneprécipitions moyenne annuelle comprise entre 1500 et 4000mm de pluie et unetempérature moyenne annuelle variant entre 19 et 29°C. EchantillonnageUne enquêtea été réalisée au près de 370 ménages effectuant l’élevage de cobayes. Un totalde 460 cobayes non apparentés a été sélectionné sur base du sexe, de l’âge etdes caractéristiques phanéroptiques. Pour chaque animal, la couleur du patroncoloré, la présence ou pas du frosting et de la panachure, l’orientation desoreilles, le profil de la tête ainsi que la couleur des yeux ont été observées.La longueur totale du corps, la longueur de la tête ainsi que le poids del’animal ont été mesurés. AnalysesstatistiquesLes donnéesobtenues ont été soumises à une analyse descriptive. Une classification hiérarchiqueascendante a été réalisée sur la base des distances de Mahalanobis en suivantla méthode de Ward.

Les différents groupes ont été comparés en utilisant letest de Fisher alors que la séparation des moyennes a été réalisée par le testde Tukey au seuil de 5%.Résultats Caractéristiquesmorphométrique des cobayes élevés au CamerounIlest ressorti du travail (tableau 1) que les cobayes élevés au Cameroun ont unelongueur totale du corps comprise entre 13 et 35 cm, une longueur de la têtecomprise entre 6 et 12 cm avec un poids variant entre 267 et 1161 grammes. Lesanimaux des régions bimodale et des hautes terres sont ceux qui ont une longueurdu corps la plus élevée (plus de 28,6 cm) alors que ceux qui ont la longueur ducorps le plus faibles sont originaires de la région monomodale. Cependant, la longueur de la tête est plus élevéedans la population des cobayes de la région monomodale en comparaison auxautres. Ceux de la région des hautes terres ont la longueur de la tête relativementla plus faible. Ces résultats seraient dus au fait que les animaux originairesdes deux zones autres ont une longueur du corps élevée et un profil de la têtearrondie Lepoids des cobayes a été statistiquement plus élevé dans la population descobayes de la région des hautes terres et faible dans la population de larégion monomodale. Dans l’ensemble de la population des cobayes des différentesrégions, une grande variabilité est observée pour toutes ces mensurations(grande étendue) indiquant une potentialité de sélection au sein de chaquepopulation pour une éventuelle amélioration de des performances.

Distributiondu patron coloré entre population des cobayesNotreétude présente une répartition importante des patrons colorés des cobayes ausein des  différentes régions d’élevage(tableau 2). Il est à observer la présence de quatre principaux patrons colorésà partir desquels plusieurs combinaisons découlent (figure 1). Ces principauxpatrons colorés sont le blanc, le brun, le gris-cendré et le noir dont lesfréquences respectives dans la population totale sont 14,5% ; 2,7% ;3,48%  et 1,81%.

Ces patrons colorés sont illustrés par les photos a, b,et c. Parmi les combinaisons les plus dominantes figurent le noir-blanc (25,98%), le noirblanc-cendré (19,64%), le blanc-brun-noir (12,39%) et le blanc-brun (10,57%).Les différentes types de combinaison des patrons colorés indique une absence desélection dans la population en générale sur la base de la couleur de la robedes cobayes mais témoigne aussi que les accouplements sont aléatoires dans lapopulation.Caractéristiquesmorphologiques des cobayes du CamerounLescaractéristiques morphologiques des cobayes (tableau 3) prouvent qu’indépendammentde la région, les cobayes élevés sont majoritairement à profil de tête allongéesauf dans les hautes terres où la totalité des animaux est à profil de têtearrondie. Le frosting est présent en moyenne chez 78,55% des cobayes sauf dansla population des hautes terres où le frosting est dans la plupart de casabsent.

Plus de 87% des cobayes ont des yeux noirs alors que les autres sontcaractérisés par des yeux rouges. Les yeux rouges sont souvent associés à larobe blanche, qui marque un certain albinisme. La panachure est présente pourplus de 78,55% des cobayes avec des oreilles qui sont soient dressées (56,19%)ou alors tombantes (43,81%). Les cobayes de la région des hautes terres ont desoreilles tombantes (sous groupe Nord-ouest) ou alors ont pour la plupart desoreilles dressées (sous groupe Ouest). Typologiedes cobayes élevés au CamerounSurla base des caractéristiques phanéroptiques, morphologiques et les mensurationscorporelles, trois groupes morphogénétiques ont été mis en évidence sur la basede la classification hiérarchique ascendante (figure 2). Ainsi, parmi lescaractères de distinction des animaux figurent le poids vif, la panachure, lefrosting et le profil de la tête.  Lescobayes de classe 1 (88% d’effectif) sont caractérisées par un poids vif de581,5g, ils sont la présence de la panachure, et indifféremment la présence oupas du frosting, le profil de leur tête est allongée avec des yeux noirs et desoreilles qui sont soient dressées ou tombantes.

Les cobayes de classe 2 (8%)sont caractérisés par un poids vif de 571,7g, une panachure présente avecl’absence du frosting, leur tête arrondie et leurs yeux sont rouges avec desoreilles tombantes. Les cobayes de la classe 3 (1%) quant à eux sont légers(421,6g), et n’ont ni frosting ni panachure avec une tête à profil allongé etdes oreilles dressées.  DiscussionLespoids des animaux ayant varié entre 267 et 1161 grammes indiquent une grandevariabilité de la croissance pondérale dans les différentes régions.

Cettevariation a déjà été enregistrée par Manjeli et al, (1995). Elle serait due par les différents modes de gestiondes animaux existants entre les différentes régions mais aussi par desdifférences génétiques entre animaux. En effet, les études de caractérisationgénétiques menées par Ayagirwe, (2014)  et Wikondi (2014)ont montré qu’il y avait une grande variabilité génétique au sein de lapopulation des cobayes dans chaque région mais aussi entre régions, suggérantdes possibilités d’amélioration. Les cobayes du Camerounont été caractérisés par un poids moyen de 573,15g, une longueur de la tête de8,7cm et une longueur totale du corps de 24,73cm. Faradja (2012) a plutôttrouvé pour la population de cobaye de la RD Congo, une longueur totale ducorps de 25,56cm, une longueur de la tête de 5,34cm pour un poids vif de 713,27g.Par contre Hudson (2003) a quant à lui enregistré un poids moyen de 900 à 1200g pour les mâles et 700 à 900 g pour les femelles pour des conditions d’élevageassez similaires. Les caractéristiques phanéroptiques observées chez lescobayes révèlent une extraordinaire diversité de patrons colorés.

Cettediversité correspond aux résultats de l’étude de Fotso et al, (1995) au Cameroun, Wagner (1976) au Sénégal et Boudas (2005)au Maroc. Les principales distributions dans la population des types de patronscoloré observés sont conformes aux observations faite par Harman etCase (1941), Warren (1999) et révisées par Neesam (2008). En effet ces derniersayant effectué des études sur les colorations de la robe chez le cobaye et leurgène responsable ont trouvé l’existence de la robe blanche, noire, brune et grise-cendré.La combinaison des différentes colorations chez un même individu étant lié àl’effet des plusieurs gènes parmi lesquels figurent le gène d’extension, legène de non-extension et le gène agouti. L’existence de la variabilité despatrons colorés indiquent que les accouplements se font de manière aléatoireavec un risque élevé de consanguinité entre les populations.

En effet étantdonné que les effectifs des cobayes par ménage sont réduits, avec l’absenced’un système de croisement rationnel, la consanguinité poussée au sein de lapopulation serait courante comme (Ayagirwe, 2014 et Wikondi, 2014). Fosto et al, (1995). Fotsoet al, (1995) ont aussiobservé que sous les tropiques, les cobayes à robe multichromique sont plusdominants et qu’en général,  leurs yeux sontnoirs ou rouges. L’expression du gène au locus agouti (A) encore observabledans la coloration de la robe chez le cobaye du Cameroun résulterait de laconséquence de relations épistatiques entre le locus agouti et les autres lociimpliqués dans la coloration, en particulier le locus au gène d’extension (E).

ConclusionLa population de cobaye du Cameroun présente une grandevariabilité phénotypique d’origines génétiques et environnementales avec despotentialités énormes pouvant être exploitées pour son amélioration. Cesrésultats préliminaires pourraient être complétés par une étude surl’appréciation et l’exploitation des patrons colorés par les éleveurs, ainsique de leur utilisation dans les systèmes efficaces de croisement et sélection. 

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